Experience "Everest"

I. Rappel sur l'historique du projet

J'ai été chargé au plan national, par Monsieur le Ministre de l'Education Nationale, de janvier 1997 à août 1998, d'une mission de prévention de la dysphonie en milieu enseignant.

Tous les rapports convergent, en effet, pour montrer qu'au cours de leur carrière, deux. Professeurs sur trois sont victimes de forçage vocal : professeurs qu'il faut, pendant ces périodes, évidement soigner et remplacer.

Le but de cette mission était d'agir pour prévenir les souffrances physiques et psychologiques liées aux problèmes de la dysphonie, et permettre de réduire considérablement les coûts financiers qui un découlent.

En sus du problème humain, la dysphonie présente un coût important pour la collectivité.

Eu égard aux chiffres de la rentrée de 1997, le calcul est, si l'on peut dire, très parlant :

  • 840 000 enseignants, primaire et secondaire confondu
  • 2 professeurs sur 3, victimes de forçage vocal à répétition (cf. le dossier « origine du projet »)
  • donc, 560 000 professeurs à soigner et à remplacer régulièrement!

Ainsi, le contribuable est, lui aussi, par l'intermédiaire du budget de la sécurité sociale, directement concerné par ce problème.

Les parents le sont également puisqu'un professeur qui a la voix mal placée, perturbe l'acquisition de l'oralité chez les très jeunes enfants.

L'exposition régulière des enfants à un mauvais exemple vocal peut induire une perturbation de leur propre voix. Ceci est d'autant plus vrai qu'il y a, à l'école primaire, un transfert sur le maître qui doit non seulement éveiller les enfants à la parole mais aussi les faire chanter. Or, dans ce dernier domaine, leur première réaction est souvent de chercher à imiter le registre vocal très aigu des tout petits, erreur qui altère rapidement la voix de l'enseignant en privant l'enfant du modèle vocal adulte qui lui est indispensable.

Les collégiens et les lycéens sont également concernés dans la mesure où l'on peut imaginer qu'un cours fait avec une voix désagréable demande un gros effort de volonté à l'élève pour rester attentif. Le réflexe normal étant évidemment de se « boucher les oreilles ». Une mauvaise émission vocale étant souvent pour l'ouïe ce qu'une mauvaise haleine est pour l'odorat !

La politique du gouvernement encourage notamment les initiatives personnelles pouvant entraîner soit un mieux-être dans la population, soit une contribution à la réduction des dépenses publiques.

Le travail de prévention de la dysphonie semble aller dans ce sens puisqu'il permet tes deux à la fois.

J'ajoute pour terminer que j'ai pu, au cours de mes années passées à enseigner à l'I.U.F.M, de Paris, rencontrer un nombre suffisant de professeurs des pays de la communauté européenne pour me rendre compte que la voix est devenue un problème quelle que soit la langue concernée.

J'ai pu vérifier que la méthode mise au point fonctionne aussi bien avec des allemands que des italiens ou des anglais.

Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée, je devais :

  • réaliser un logiciel d'aide au placement de la voix parlée.
  • reformer les professeurs des risques importants que la dysphonie leur fait courir, du travail de prévention qui peut (et doit) être effectué à ce sujet, ainsi que des résultats obtenus à la suite de mes propres recherches dans ce domaine
  • faire des propositions de formation des enseignants.

Cette mission comprend donc trois directions de travail :

1) La réalisation d'un logiciel d'aide su placement de la voix.

Ce logiciel, baptisé le « Miroir Vocal », est développé en logiciel libre sur le site: « www.linux-france.org/prj/sev/». Les modalités et l'état d'avancement de ce projet sont exposés dans le sous dossier ci-joint intitulé : « le miroir vocal ». Ce logiciel doit permettre à chaque individu qui le désirera de pouvoir placer sa propre voix.

Le but de ce programme est, en effet de mettre à la disposition de chacun, professeurs et élèves, et à tout instant, un diagnostic facilement compréhensible de son état phonatoire. Puis, de faire progresser quotidiennement, à partir de ce diagnostic et à l'aide d'exercices appropriés, les plans cliniques et artistiques de l'émission vocale de l'utilisateur.

De manière plus générale, ce logiciel permettra aussi, de déterminer l'état phonatoire d'une collectivité et les éventuelles urgences individuelles nécessitant l'intervention d'un placeur de voix ( projet « EVEREST »).

2) la formulation de propositions de sensibilisation au placement de la voix

Ce travail d'information à donné naissance au projet de tournage d'un court métrage baptisé « La Face Cachée de la Voix ». Le scénario de ce film et les moyens de sa réalisation sont exposés dans le dossier ci-joint intitulé « La face cachée de la voix ».

3) Les suggestions de formation des enseignants au placement de la voix.

Une expérience pilote de formation de placeurs de voix se déroule depuis le mois de septembre 1998 à l'I.U.F.M, de Paris.

Ma mission se terminait en fait le 31 août 1998. Mais, elle a pris un important retard du fait de certaines lenteurs administratives. Le Rectorat de l'Académie de Paris à donc subventionné, étant donné l'urgence et l'importance de l'enjeu, la poursuite de ce travail de septembre 1998 à juin 1999.

Les buts, les modalités et les premières conclusions que l'on peut tirer de cette expérience baptisée « Projet Everest » sont détaillées dans ce qui suit.

Le concept de placement de la voix par développement de l'écoute spectrale naturelle (car sans l'aide d'un instrument de mesure) est entièrement nouveau. Le projet de transmettre à une machine et à un maximum de personnes, cette compétence que peut acquérir l'oreille humaine est la conséquence, dans un très proche futur, de la progression prévisible et exponentielle de la demande.

Sals'opera et autres

CD SAls opera

Emission chez Y. Calvi

Projet pour l'Ecole

Extraits de son livre

Devenir partenaire

Rapport au ministre